Xcuse my Frenglish

Petit webzine bilingue (ou presque)

Angie (Final EN & FR)

venelles frSo I went back to see Angie on July 4th.
Her husband kept me posted on the her progress and the latest news was very concerning. He told me her doctors’ prognosis only gave her another two weeks, more or less. Shock.

I put together all the things I could to try and make her laugh, change her mind, bring her some cool breeze in this incredibly hot day (it was close to 104°F in the shadow). You’d have thought hospitals would have air conditioning, right? Well guess what? Nope. Only a fan and a can of watery spray.

When I entered the room, I was happy to see her husband there, together with a friend of hers and a member of his family. When I saw Angie on the bed, I was punched at heart. Was she conscious? Could she hear us behind her closed eyelids? Have decided to sit on the bed, at her feet, and to tell her all the silly things I could. Promise, she responded, she tried… It’s hard to say if the sounds she was making were purely “mechanical” (air pushed out in a great effort to breathe), some sort of death rattle, pain expression or the communication of something else.

The time I had to leave came too fast, and that was hard. Told her I’d probably come back the day after.

Crossed a medical staff member, who accompanies families in their grieving and I learn that Angie’s transport hadn’t been the issue… the treatment in Paris would’ve killed her faster than her staying there! Outrageous… shocking…

After I had left, her husband told me that the two others in the room where surprised by my ability to behave as usual with Angie, and were wondering if I was aware of how serious the situation was. He told me he was happy for my having been that natural and that it was the best for Angie. Honestly, I didn’t want to believe this could be the last time I’d see Angie.

That evening, my best friend was at my place for dinner and overnighted. Am really thankful she was there.
We decided to go visit Angie on the next morning.
However… we’d never be given the chance to do that.
Angie’s husband had tried to call me early in the morning of July 5th.
We finally get in touch and he told me “it’s over“.
Blank.
What do you say to him? How to react?
I mean, is it real? Can it just be “it”?

Guess I had to make sure this was real. Couldn’t believe it.
I saw her yesterday, ok she wasn’t doing well but this? No… cannot be happening.
Come on! It’s her! She’s a fighter, a warrior, she’s always been…

There was nothing to do before the next day.
So I went to meet her husband and some family members at the funerary chamber on Monday.
She was there. Laying down on this bed.
At some point, I thought I saw her breathe.
As I was alone with her (and it took me a while before being able to enter her room from the lobby), I told her a lot of things. How unfair all this was, how much we’d all miss her, how concerned I was for her sisters and her husband… couldn’t really stop crying and then had difficulties to leave her.
I couldn’t cope with the obvious : her body’s there, and yet, she’s gone.

Her funeral took place on the Wednesday. A beautiful ceremony.
To see pictures of her having fun drew smiles on many faces and tore our hearts.
That person on the screen was not the one in the coffin. DNA would match and everything but these were two different people. One was my friend, the other was the disease who took over my friend.
After a final goodbye, she was taken on the other side of the door on the music of her favorite music band from the 80’s.
It’s been hard.

Angie has taught me a lot of things these past months. Will share them with you in the epilogue.


deces

Je suis retournée voir Angie le 4 juillet.
Son mari me tenait régulièrement au courant de l’évolution de son état de santé et les dernières nouvelles étaient inquiétantes. Ses médecins estimaient qu’il lui restait environ deux semaines à vivre. Le choc.
Je tentais tant bien que mal de rassembler tout que je pouvais dans mon esprit afin de faire rire Angie, de lui changer les idées, de lui apporter un peu de fraîcheur dans cette journée caniculaire (il faisait près de 40°C à l’ombre). Vous penseriez que les hôpitaux auraient l’air conditionné ? Devinez quoi ? Non. Seulement un ventilateur et un brumisateur.

En entrant dans sa chambre, je fus soulagée et heureuse d’y voir son mari, ainsi qu’une amie et un membre de sa famille. Puis je reçus un monumental coup au cœur en voyant Angie sur le lit. Était-elle consciente ? Pouvait-elle nous entendre derrière ses paupières fermées ?
J’ai décidé de m’asseoir sur son lit, littéralement à ses pieds. Je lui ai balancé toutes les bêtises que je pouvais et je vous jure, elle a répondu, elle a essayé… Il est difficile de déterminer l’origine des sons qui émanaient d’elle : étaient-ils purement “mécaniques” (sa respiration demandait beaucoup d’efforts et l’air expiré avec force passait par les cordes vocales) ? Une forme de râle de douleur ? Une communication autre ?

L’heure de mon départ est arrivée trop rapidement et cela m’a été franchement difficile. Je lui ai alors dit que je repasserais probablement le lendemain.

Je croisais un membre de l’équipe médicale, en charge de l’accompagnement des proches dans le deuil. Il m’avoua alors que ce n’est pas tant le transport qui posait problème pour le transfert d’Angie, mais sa capacité à supporter le traitement à Paris. Ce traitement l’aurait tuée plus vite qu’il ne l’aurait guérie. Nouveau choc.

Après mon départ, le mari d’Angie m’a dit que les deux autres visites de sa femme avaient été étonnées de ma capacité à rester aussi naturelle, au point qu’elles se questionnaient sur ma prise de conscience de la gravité de la situation. Il m’assura avoir été content de mon comportement et que cela était le mieux à faire pour Angie. Aujourd’hui, je crois que je refusais de croire que ce serait la dernière fois que je voyais mon amie vivante.

Ce soir-là, ma meilleure amie venait dîner et resterait dormir. Sa présence était une vraie bénédiction et nous avons décidé d’aller rendre visite ensemble à Angie le lendemain matin.
Pourtant… nous n’aurions jamais la chance de lui rendre cette visite.
Le mari d’Angie avait tenté de me joindre tôt dans la matinée du 5 juillet.
Quand nous avons enfin réussi à nous mettre en contact, il m’a dit “c’est fini“.
Les mots m’échappaient.
Que lui dire ? Comment réagir ?
Je veux dire, est-ce réel ? Est-ce véritablement la fin ?

Je crois qu’il me fallait vérifier que tout cela était concret. Impossible d’y croire.
La veille, je l’avais vue la veille. Ok elle n’était vraiment pas en forme mais quand même, morte ? Non, ce n’était pas possible. Enfin vous voyez, c’est elle ! Une battante, une guerrière…
On ne pourrait tien faire avant le lendemain.
Je retournais à la rencontre de son mari et de membres de sa famille à la chambre funéraire le lundi.
Elle était là, gisante sur ce lit. A un moment, j’ai bien cru la voir respirer.
Il m’aura fallu plusieurs longues minutes pour passer le pas de porte qui menait de l’entrée à la pièce où elle reposait.
Me retrouvant seule avec elle, je lui ai dit tout ce que j’avais sur le cœur, combien tout cela me paraissait injuste, à quel point elle allait nous manquer, mes inquiétudes à propos de ses sœurs et de son mari… j’avais du mal à contenir mes larmes, puis ce fût la laisser seule qui m’a été terriblement délicat.

J’ai eu beau constater les faits, leur réalité étaient toujours aussi difficile à assimiler.

Ses funérailles se sont tenues le mercredi. Une cérémonie très belle.
Voir des photos d’elle en pleine forme a autant dessiné des sourires sur les visages que poignardé les cœurs.
Cette personne sur l’écran n’était pas celle qui était dans le cercueil. OK ce serait le même ADN etc., mais ces deux personnes n’avaient rien à voir l’une avec l’autre. L’une était mon amie, l’autre était la maladie qui ravageait mon amie.
Après un dernier au-revoir, elle a été emmenée de l’autre côté de la porte sur la musique de son groupe préféré des années 1980. C’était éprouvant… elle s’en allait pour de bon.

Angie m’aura appris beaucoup de choses ces derniers mois. Je les partagerai avec vous dans l’épilogue à suivre.

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This entry was posted on October 29, 2015 by in Text(e)s and tagged , , , , , , , , , , , .
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